élections cantonales vaudoises de  mars 2012

L'Etat schizophrène!

Les cinq dernières années ont été celles de l'assainissement des finances cantonales: retour à l'équilibre du compte de fonctionnement et réduction drastique de la dette (qui atteint tout de même 2.5 milliards ou CHF 3'600.--/habitant). Cette opération spectaculaire, inespérée il y a peu, a été rendue possible par l'augmentation sans précédent des recettes de l'Etat: + 37% depuis 2004, + 93% depuis 1997! JAMAIS L'ETAT N'A ENCAISSE AUTANT D'ARGENT!

Fort de cette situation favorable, le gouvernement a mené une politique visant à renforcer l'Etat au détriment du pouvoir d'achat de ses citoyens, du moins ceux qui gagnent trop pour être assistés par la collectivité. Voici quelques exemples, parmi tant d'autres, qui mettent en lumière les effets néfastes du train de vie excessif de l'Etat sur notre pouvoir d'achat:

  • Rares sont les mois où le responsable socialiste de la santé et de l'action sociale (DSAS) n'annonce pas une mesure destinée à démultiplier le filet social vaudois. Il en découle une explosion de la facture sociale qui a contraint près d'une commune sur cinq à augmenter ses impôts depuis 2005. Il est à noter également que la politique cantonale de l'asile est financièrement lourdement sanctionnée par l'entrée en vigueur des lois fédérales sur l'asile et les étrangers puisque l'établissement d'accueil des migrants assiste également les personnes séjournant illégalement en Suisse. Ce ne sont pas moins de 50 mios qui sont portés annuellement à la charge de la facture sociale.

  • Nos primes maladie figurent parmi les plus élevées de Suisse et elles continuent d'augmenter plus rapidement qu'en moyenne nationale et que dans les autres cantons universitaires en particulier. La direction socialiste du DSAS a renoncé de longue date à toute mesure de maîtrise des coûts puisque 80% d'entre-eux sont constitués par des salaires. On préfère allonger la liste des subsidiés à la charge de la collectivité.

  • Nos tarifs d'électricité sont les plus élevés du pays : le prix du kilowattheure à Lausanne est 1,5 fois supérieur à celui de Genève et 2,3 fois supérieur à celui de Zurich. Pourtant les infrastructures destinées à la production et à la distribution ont été amorties aux frais des contribuables juste avant l'ouverture du marché. Mais les entreprises électriques vaudoises sont demeurées en mains publiques. Leurs tarifs excessifs sont donc un impôt qui ne dit pas son nom!

Outre les éléments rappelés ci-dessus, notre canton pratique, depuis 2004, une politique fiscale complètement schizophrène, qui l’a conduit à introduire deux classes d’impôt supplémentaires tout en allégeant les impôts des personnes à faible revenu. Ceci fait de Vaud l’un des cantons les plus voraces pour les revenus imposables supérieurs à CHF 70'000.— ; tout en étant le plus généreux avec les revenus inférieurs à 50'000.--, déjà fortement aidés par la collectivité. Cette politique asphyxie ceux qui gagnent juste trop pour ne pas être assistés ! Rappelons enfin que Vaud demeure le seul à maintenir un impôt sur les successions entre parents et enfants.

Un train de mesures destinées à desserrer l’étau d’une fiscalité étouffante doit rapidement être mis en œuvre. Avec un peu de bonne volonté, il est possible de réduire toute une série des prélèvements obligatoires frappant les contribuables vaudois sans que les missions essentielles de l’Etat ne soient remises en question.

Nicolas Daïna.