élections cantonales vaudoises de  mars 2012

Freinons le train de vie de l'Etat!

Le budget 2008 du Canton de Vaud confirme les tendances amorcées dès 2004

  • réduction de la dette cantonale

  • autofinancement grâce à l'équilibre des comptes

  • explosion des recettes

  • faiblesse des investissements.

La décision prise en 2002 de recapitaliser la BCV s'apparente à un coup de poker magistral. Honneur à ceux qui l'ont tenté, ils ont amorcé la renaissance des finances cantonales. D'autres facteurs ont également influé positivement sur nos finances.

Ainsi, la participation croissante des communes aux charges sociales, socio-médicales et des migrations contribue essentiellement au retour à l'équilibre des comptes cantonaux; en même temps qu'elle plonge un nombre croissant de communes dans une situation financière préoccupante.

Le maintien des charges de personnel à un niveau relativement constant, grâce notamment aux collaborateurs qui ont pris part à la contribution de solidarité durant deux ans, a aussi concouru à l'assainissement dont chacun se félicite.

Toutefois, bien que maîtrisées depuis trois ans, les charges de l'Etat n'en ont pas moins augmenté régulièrement. La croissance des recettes constitue bel et bien l'unique origine du retour aux bénéfices. En d'autres termes, c'est à la haute conjoncture et aux contribuables que le gouvernement doit le rétablissement des finances.

Malheureusement, les budgets 2007, puis 2008 perpétuent le réflexe centripète consistant à accroître le poids de l'Etat dans le système économique. Aucune stratégie de désengagement n'est amorcée dans les secteurs ne relevant pas des tâches de l'Etat: banque, prévoyance, traitement du linge hospitalier et hôtelier, secteur médico-social (le privé offre des lits d'EMS à meilleur prix que ne le fait le parapublic subventionné). Un tel retrait de l'Etat permettrait de dégager des moyens pour investir et moderniser. Pensons aux transports publics en dehors de l'arc lémanique, aux hôpitaux, à certains axes routiers. On leur préfère la grandiloquence d'un musée au bord du lac (sans option de recyclage de l'actuel) et un nouveau bâtiment du Grand Conseil… Le Château suivra certainement.

Le Conseil d'Etat profite aussi d'accélérer le train de vie de l'Etat en créant de nouveaux postes (230 en un an!), en réactivant les vieux mécanismes salariaux et en créant une nouvelle grille des fonctions à l'Etat. A tel point qu'en un an, le coût de la seule fonction publique aura cru d'environ 3 points d'impôt! Que dire de l'explosion des dépenses sociales (+ 100 mios en 2 ans), de moins en moins crédible en période de forte conjoncture? Est-ce-là la traduction de l'anticyclisme?

La majorité du gouvernement colporte toujours l'idée que la pression fiscale des Vaudois n'augmente pas, alors que de plus en plus de communes souffrant des reports de charges sont contraintes de solliciter leurs citoyens. Même si la fiscalité est un sujet tabou dans ce canton, les contribuables peuvent bien se demander par quelles nouvelles prestations publiques l'explosion des recettes est justifiée ! J'ai eu l'honneur de demander la défiscalisation des frais de garde des enfants et la révision des émoluments du registre foncier. Il faut en outre lutter pour une baisse sensible du cœfficient cantonal!

Nicolas Daïna