élections cantonales vaudoises de  mars 2012

Comptes 09 : et le pouvoir d’achat des vaudois ??

Depuis le retour des comptes à l'équilibre, le Conseil d'Etat a invariablement mené une politique privilégiant la puissance de l'Etat au détriment du pouvoir d'achat de ses citoyens. Le radicalisme vaudois s'exprime ainsi dans sa version la plus pure; celle qui ne permet à l'individu ou à l'entreprise de s'épanouir  que sous la coupe d'un Etat fort. L’action du gouvernement reflète le triomphe du radicalisme vaudois soucieux d'occuper l'ensemble des postes manipulant les cordons de la bourse: Département des finances, Commission des finances du Grand Conseil et Cour des comptes. L’Etat radical semble aussi capable - crise aidant - de rallier les médias à sa cause. Nous pensions cette ère révolue.

Les Vaudois sont-ils pour autant devenus plus riches, plus libres, plus à l'aise depuis que l'Etat de Vaud accumule les recettes excédentaires? Sont-ils mieux administrés alors que l'accroissement de la masse salariale de la fonction publique dépasse ceux de la population résidente et de l'Indice des Prix réunis? Les causes de l'environnement et de l'agriculture ont-elles progressé durant ces années de vaches grasses? Poser ces questions c'est y répondre! La crise économique frappe bien plus durement le portemonnaie des contribuables vaudois que les caisses d'un Etat devenu riche grâce à la conjoncture, mais avoir porté la moindre attention au pouvoir d'achat de ses citoyens.

Les primes maladies vaudoises demeurent parmi les plus élevées car les coûts d'un assuré vaudois dépassent largement ceux de l'assuré suisse moyen. Le coût de l'énergie, et de l'électricité en particulier, est le plus élevé de Suisse alors que les distributeurs, en mains publiques, ont profité d'amortir leurs infrastructures aux frais des abonnés-contribuables, avant la libéralisation du marché. Le prix vaudois de l'électricité est un impôt qui ne dit pas son nom.  D'autres prélèvements vaudois tels la taxe automobile sont les plus chers du pays.

Le gouvernement  justifie le maintien d'une pression fiscale presque inégalée en Suisse par sa fameuse "politique anticyclique". Cette stratégie, jamais sérieusement contestée en raison du monopole radical précité, permet notamment de réduire les bénéfices d'un exercice par des dépenses  prévues sur le suivant!!(cf. édition du 8 avril). Cette stratégie évite aussi de s'attaquer franchement au désendettement, en procédant par "amortissements du découvert" au gré des opportunités tantôt lors du budget, tantôt lors du bouclement des comptes.

"L'anticyclisme" s'exprime aussi dans l'explosion des dépenses sociales censées anticiper les effets d'un hypothétique retournement de conjoncture. Bien sûr, le prochain transfert de la facture sociale à l'Etat tranquillise les communes, mais pas les payeurs!

Avec un brin de grandiloquence, certains aiment à nous faire croire que, grâce à son retour à l'équilibre financier, Vaud est devenu un interlocuteur incontournable de la scène fédérale! Heureux sommes-nous de contribuer à un Etat riche, fort et respecté! L'admiration immodérée que les représentants du PLR au gouvernement portent à l'Etat mériterait d'être tempérée par plus de considération pour ceux qui participent à sa prospérité. La baisse des impôts pour tous serait probablement un signal apprécié!

Nicolas Daïna, 24 Heures, 14.04.2010