élections cantonales vaudoises de  mars 2012

95 millions de plus dans les caisses de l’Etat ? bonne nouvelle ; mauvais signe

Ce sont, semble-t-il, les réflexions du député Jean-Paul Dudt, au sujet d’une probable sous-estimation des rentrées fiscales, qui ont incité les collaborateurs du service d’analyses et de gestion financières à vérifier les déclarations publiques de leur responsable. Bien leur en a pris puisque cette opération a permis de « retrouver » la bagatelle de 95 millions de francs.

Ce nouveau coup de théâtre, car c’est bien de théâtre dont il s’agit, survient au lendemain de la claque retentissante administrée au Conseil d’Etat par le Tribunal fédéral, qui a conduit à la suspension d’une manœuvre de hausse d’impôt par la contrainte. L’apparition d’une manne fiscale, jusque-là curieusement ignorée, risque de mettre à mal la volonté, déjà timorée, du gouvernement de réduire les dépenses publiques.

En moins de deux ans, les spécialistes cantonaux des finances ont présenté au gouvernement et au parlement, qui l’ont adopté, un budget 2003 basé sur des valeurs irréalistes de la croissance. Alors même que l’Etat n’avait jamais engrangé autant de produits, on a prétexté une crise des recettes pour justifier un déficit doublé par rapport au budget. Enfin, alors que les axes du processus budgétaire 2005 sont posés, on revoit brusquement les recettes à la hausse de près de 100 millions. La conjoncture fluctue, certes, mais pas à une telle intensité !

Fait a priori inéluctable, l’administration cantonale concentre de plus en plus de pouvoirs (elle les cumule parfois même puisqu’un certain nombre de députés en sont membres). Ses récentes contre-performances en termes financiers et juridiques constituent de très mauvais signes : il est aujourd’hui impossible aux citoyens, aux communes, aux parlementaires, aux organisations non gouvernementales de prendre des décisions et de préparer l’avenir en connaissance de cause. Le peuple aurait-il renoncé au paquet fiscal et à la suppression de l’impôt sur les successions entre conjoints et en ligne directe s’il avait été correctement informé ?

Il devient urgent que le gouvernement reprenne son souffle et ses esprits, qu’il restructure sa machine administrative en confiant à certains de ses rouages des tâches plus en rapport avec leurs compétences.

Nicolas Daïna.